Maison adaptée au handicap et personnes à mobilité réduite : quelles règles?

Faire construire sa maison est un acte qui s’inscrit dans un projet de vie à plus ou moins long terme.

Lorsque se pose le choix des futurs aménagements, il est important d’anticiper l’avenir et de définir les besoins qui s’avèreront utiles au fil des années, avec les désagréments du vieillissement.

Une maison pour personnes à mobilité réduite intègre dans sa construction des règles techniques précises d’accessibilité, prévues pour garantir un confort et une sécurité à ses occupants.

Ces normes ont pour but de faciliter les gestes du quotidien pour répondre à tous les types de handicap et améliorer la qualité de vie des résidents.

Quelles sont ces normes auxquelles une maison PMR doit répondre ?

Les règles à appliquer dans la construction d’un habitat PMR ne concernent pas uniquement les personnes qui évoluent en fauteuil roulant, vous pouvez rencontrer différents types de handicap : moteur, visuel ou auditif.

Ce sont des facultés que vous pourriez également voir amoindries au fur et à mesure du temps passé dans votre maison même si vous êtes valide lors de l’élaboration des plans de votre future habitation.

Une maison PMR doit donc répondre à un ensemble strict d’aménagements qui porte sur les cheminements extérieurs et le stationnement, les portes et portails, les sanitaires et les différents équipements.

Le stationnement et l’accès

L’accès à l’entrée de la future maison doit respecter la fluidité et la continuité des déplacements des personnes, de la voirie au terrain et du terrain au logement.

Le cheminement, d’une largeur minimale de 1,20 mètre, doit présenter un contraste visuel et tactile par rapport à son environnement proche.

Il doit être horizontal et au cas où un dévers ne peut être éviter (2% maximum de pente), il faudra alors aménager des espaces de repos, appelés paliers, à chaque extrémité du dénivelé afin de donner la possibilité à l’usager en fauteuil de pouvoir faire demi tour.

Le stationnement doit être le plus proche possible de l’habitation, et tout comme le garage, comprendre une largeur supérieure ou égale à 3,30 mètres.

A l’intérieur de la maison PMR, les couloirs doivent respecter une largeur minimum de 90 cm et chaque ouverture doit prévoir un espace de manoeuvre.

Les portes et portails

Devant chaque porte ou portails d’une maison PMR, il doit être prévu un espace de manœuvre d’une longueur minimale de 1,70 mètre pour une ouverture en poussant et de 2,20 mères pour une ouverture en tirant.

La largeur de la porte d’entrée, des portes intérieures ou du portail, doit être de 90 centimètres au minimum et ne doit pas présenter de seuil avec un ressaut supérieur à 2 centimètres afin de faciliter le passage d’un fauteuil roulant.

Il en va de même des seuils de portes fenêtres, baies vitrées ou accès divers. Les poignées de portes et serrures doivent également répondre à des critères précis.

La poignée, simple à manœuvrer, doit être positionnée à moins de 40 cm de l’angle d’un mur et la serrure à moins de 30 cm.

Les sanitaires

La salle de bains et la salle d’eau doivent obligatoirement permettent la rotation complète d’un fauteuil roulant et donc disposer d’un espace d’un diamètre au moins égal à 1,50 mètre libre de tout équipement fixe ou de dégagement de porte.

On entend par équipement fixe les lavabos, baignoires, douches, meubles de rangement et autres.

Dans le cas des salles d’eau dotées d’une douche à l’italienne sans seuil et munie d’un siphon d’évacuation de sol, il est autorisé d’empiéter sur la douche pour la création de cet espace libre.

Les lavabos ou les vasques doivent être installés à une hauteur située entre 75 et 85 cm du sol et permettre de glisser en dessous un fauteuil roulant.

Le miroir situé au dessus de ces équipements devra être incliné de façon à faciliter son utilisation en position assise.

Dans cette même optique d’accessibilité, il est important que la hauteur des meubles de rangement permette à leur contenu d’être à portée de main, comme les patères qui doivent être placées entre 90 cm et 1,30 mètre du sol.

Les toilettes

Pour un confort d’utilisation, les W-C doivent demander le moins d’effort possible pour s’asseoir et se relever.

Afin de faciliter le transfert d’un fauteuil aux W-C, ceux-ci doivent avoir une assise située entre 45 et 50 cm du sol et un espace de 90 cm de chaque côté doit être prévu.

Toujours dans le but de simplifier les mouvements et réduire les efforts, il est nécessaire de fixer des barres de maintien au mur.

La chambre

Une chambre adaptée aux personnes à mobilité réduite doit répondre à deux exigences principales : l’espace libre et le passage d’accès au lit.

Tout comme pour les pièces sanitaires, la chambre doit comprendre un espace libre d’au moins 1,50 mètre de diamètre en dehors d’équipements fixes, lit compris.

Pour l’accès au couchage, il doit être laisser un espace d’une largeur de 120 cm sur un des côtés du lit et 90 cm de l’autre.

Les équipements de la maison PMR

Afin de simplifier l’usage des commandes usuelles du logement, les interrupteurs doivent être posés à une hauteur maximale de 1,30 mètre du sol, ils doivent être assez grands, ergonomiques et munis d’un dispositif marche/arrêt précis et souple.

Pour les déficiences visuelles, il existe des modèles à reconnaissance tactile.
Les prises de courant, pour des personnes semi-ambulantes ou en fauteuil roulant, doivent être placées à une hauteur comprise entre 90 cm et 1,20 mètre du sol.

Pour l’ouverture des volets, il faut prévoir un système électriques avec télécommande ou interrupteur pour faciliter leur manipulation.

Que vous prévoyiez la construction de votre maison ou la rénovation d’un logement plus ancien, la mise en conformité PMR est indispensable.

L’obligation de respect des normes PMR concerne les biens immobiliers destinés à la vente ou à la location.

Mais que ce soit pour prévoir vos aménagements afin de vous faciliter la vie en vieillissant ou dans l’hypothèse d’une revente future, intégrer ces normes à la construction est fortement conseillé.